31.12.1916: Sur les traces de Jean Chaput | Tracking Jean Chaput | Auf den Spuren von Jean Chaput



La vie de Jean durant l’hiver 1916 est peu connue. Comme l’indique l’article médical publié par son père, il est encore en convalescence en décembre et retrouve l’usage de sa jambe : il ne marche qu’avec une seule béquille, et il fait même du patin en janvier.

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29.03.1916: Jean: Alors je serai maître de mon petit royaume | Jean: Then I’ll Be Master of my Little Kingdom | Jean: Dann werde ich Herr meines kleinen Königreiches sein

Transcription:
 

29 mars 1916

J’ai enfin obtenu un Nieuport. De nouveau en prenant cet appareil j’éprouve  une fois de plus la sensation désagréable de monter un engin neuf, qui n’a pas été mis à l’épreuve par soi-même. Il marche bien cependant ; et contre toute attente ne me change pas trop après le Morane.

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03.03.1916: Le rassemblement des “As” | Flying “Aces” Rally | Das Treffen der “Fliegerasse”

Transcription:
 

Le 3 mars 1916

Mon cher Papa,

J’ai été désolé de quitter Paris ou tout au moins ses environs sans avoir pu vous dire au revoir. Marot a dû vous le dire, j’ai été expédié directement en voiture légère en moins de 2 heures, je suis arrivé sans encombre à B.L.D. [Bar-le-Duc] dans la soirée du 1er. Presque impossible de trouver un logement. J’ai fini par trouver un taudis dans un hôtel [illisible] et j’ai partagé un mauvais lit avec un de mes camarades de voyage. Le lendemain je me suis présenté au …

… centre et j’ai affecté à la N31, Capitaine Augier. (Le fils du général commandant la place de Pau). Il m’a reçu très gentiment et a été fort aimable il m’a promis un appareil d’ici un ou deux jours. Il va faire tout son possible pour que j’aie un monoplace ; mais il craint que ce ne soit difficile.
C’est un honneur pour moi que d’être ici : on y a réuni des pilotes choisis dans toutes les escadrilles à l’occasion des attaques de Verdun. Dans l’escadrille où je suis il y a Pelletier d’Oisy, un tombeur de boches fameux, je suis le seul sous-officier et le seul à ne pas avoir la croix. Navarre est ici aussi mais dans une autre escadrille. Non content de ses deux boches de l’autre jour, il en a encore abattu un hier. …

… C’est un type extraordinaire.
Pour le moment je suis donc très content d’être ici et ce [sic] crois que je serai à même de faire du bon travail si l’on me donne un bébé. Sinon je tâcherai d’avoir un Spad. C’est un appareil biplace bizarre qui va pas mal.
La seule chose un peu ennuyeuse est que nous sommes ici en camp volant et il n’y a absolument rien d’organisé. Chacun est livré à lui-même et se débrouille comme il peut. On couche donc à l’hôtel ou en …

… ville et l’on mange au restaurant. Ce n’est pas désagréable comme vie et B.L.D. est une ville pleine de ressources ; seulement cela revient cher et je crains d’apercevoir bientôt le fond de ma bourse.
Ce qui va me changer de l’escadrille 28 c’est que le matériel paraît ne pas manquer ici. Il y a des mitrailleuses Lewis, et de merveilleux viseurs optiques. Avec un outillage comme cela le travail doit être aisé.
Je vous tiendrai au courant de ce que je deviens, et vous écrirai si j’ai besoin de quelques vêtements que j’aurais laissé [sic] à Paris.

Je vous embrasse tendrement ainsi que Jeanne.

Jean

Chaput est conduit à Bar-le-Duc ( 45 km au sud-ouest de Verdun) en urgence : le 21 février, les Allemands ont lancé le premier assaut de la longue bataille de Verdun et tentent de submerger les défenses françaises grâce à leur supériorité aérienne : regroupés pour la première fois en groupements (K.E.K) de quatre ou cinq Fokker, les appareils détruisent les moyens d’observation français (ballons et avions) et aveuglent ainsi l’artillerie qui ne peut plus effectuer des tirs de contre-batterie et arrêter les offensives de l’infanterie allemande.

Le commandant Charles de Rose, commandant de la seule escadrille de chasse française, également le premier français à avoir obtenu le brevet d’aviateur, est alors chargé par Joffre de rétablir la situation. Dans la précipitation, une aviation de chasse est créée sous la forme de 15 escadrilles où le commandant de Rose a rassemblé les meilleurs pilotes et les meilleurs avions : les Nieuport XI.

Chaput ne cache pas sa joie : à Bar-Le-Duc le front est encore loin, Jean trouvera quelques jours après un logement chez l’habitant, il savoure le prestige de sa sélection, fréquente les meilleurs pilotes, et va enfin pouvoir piloter un avion tel qu’il en rêve depuis des mois : un monoplace, le Nieuport XI, dit « Bébé ».Face aux Fokker, très bien armés mais peu maniables, ce tout nouvel appareil français a l’avantage de sa manœuvrabilité et de sa rapidité.Ilcompensele retard de l’aviation de chasse française: face aux 250 cartouches des mitrailleuses allemandes,  la mitrailleuse Lewis dont le Nieuport XI est équipé dispose d’un chargeur de 47 cartouches soit le double des 24 cartouches permises auparavant par les mitrailleuses Hotchkiss. Le rassemblement voulu par le Commandant de Rose marque la naissance de l’aviation de chasse spécialisée, à l’orée de la première bataille proprement aérienne.

Chaput is driven to Bar-le-Duc (45 km south-west of Verdun) as a matter of urgency: on 21 February the Germans launched the first assault of the long battle of Verdun and try to submerge French defences with their air superiority: grouped together for the first time in patrols of four or five Fokkers, the aircraft destroy French observation (balloons and aeroplanes) and thus effectively blind the artillery who can no longer carry out counter-battery fire and stop German infantry offensives.

Squadron Leader Charles de Rose, head of the sole French fighter squadron and also the first Frenchman to gain his military wings, is thus charged by Joffre with restoring the situation. A fighter plane is created in the rush in the shape of 15 squadrons where Squadron Leader de Rose has gathered the best pilots and the best aeroplanes: the Nieuport XIs.

Chaput cannot disguise his joy: in Bar-le-Duc the front is still far away, in a few days Jean will find lodgings with the locals, he enjoys the prestige of his being selected, rubs shoulders with the best pilots, and will finally be able to pilot the sort of plane he has dreamt of for months: a single-seater, the Nieuport XI, called “Baby”. Compared to the Fokkers, which are well armed but unwieldy, this brand new French aircraft has the advantage of manoeuvrability and speed. It makes up for the backwardness in French aviation: confronted with the German machine gun’s 250 cartridges, the Lewis machine gun in the Nieuport XI has a 47-cartridge magazine, or double the 24 cartridges allowed previously by the Hotchkiss machine guns. Squadron Leader de Rose’s rally marks the birth of specialised fighter aviation, on the brink of the first actual air combat.

 
Transcription:
 

[page 1]
3rd March 1916

My dear Papa,
I was sorry to leave Paris or at least its surroundings without having said good bye. Marot must have told you, I was sent directly in a light vehicle in less than 2 hours, I arrived without mishap at B.L.D. (Bar-le-Duc) on the evening of the 1st. Almost impossible to find lodgings. I ended up finding a slum in a [illegible]  hotel and I shared a bad bed with one of my travelling comrades. The next day I turned up at the

[page 2]
centre and I was posted to the N31, Captain Augier. (The son of the general in charge of the Pau region). He welcomed me very kindly and was most friendly he promised me an aircraft in the next day or two. He’ll do his utmost to get me a single-seater; but he fears it will be difficult.
It’s an honour for me to be here: pilots selected from all the squadrons for the Verdun attacks have been gathered here. In the squadron where I am there is a Pelletier d’Oisy, a famous Boche feller, I’m the only NCO and the only one without a cross. Navarre is also here but in another squadron. Not satisfied with his two Boches the other day, he shot down another one yesterday.

[page 3]
He’s an extraordinary chap.
So for the moment I’m very happy to be here and this [sic] think that I’ll be able to do good work if I’m given a baby. Otherwise I’ll try to have a Spad. It’s a strange twin-seater which doesn’t do badly.
The only thing that’s a bit annoying is that we’re in a transit camp and absolutely nothing at all is organised. Everyone is left to his own devices and does what he can. So we sleep at the hotel or in

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town and we eat in the restaurant. It’s not an unpleasant life and BLD is a town full of resources; it’s just that it’s expensive and I fear that I’ll soon be seeing the bottom of my purse.
What will be a change for me from squadron 28 is that equipment doesn’t seem to be lacking here. There are Lewis machine guns and marvellous optical gun-sights. With tools like that, work should be easy.
I will keep you posted about what becomes of me and I’ll write if I need the few clothes I left in Paris.

Fondest love to you as well as to Jeanne.
Jean

 Chaput wird in aller Eile nach Bar-le-Duc (45 km südwestlich von Verdun) gebracht: Am 21. Februar flogen die Deutschen den ersten Sturmangriff der langen Schlacht von Verdun und versuchten nun, die französischen Verteidigungsstellungen durch ihre Lufthoheit aufzuweichen. Die deutschen Flugzeuge, zu Kampfeinsitzer-Kommandos mit vier oder fünf Fokker-Maschinen (KEK) zusammengefasst, zerstörten die französischen Beobachtungsmittel (Ballons und Flugzeuge) und blendeten so die Artillerie, welche die feindliche Artillerie nicht mehr bekämpfen und die Angriffe der deutschen Infanterie nicht stoppen konnte.

Major (commandant) Charles de Rose, der die einzige französische Jagdstaffel befehligte und auch der erste Franzose mit einer Militärfluglizenz war, erhielt von Joffre den Auftrag, die Lage wieder in den Griff zu bekommen. In aller Eile gründete er die Jagdfliegerei in Form von fünfzehn Staffeln mit den besten Piloten und Jagdflugzeugen, den Nieuport XI.

Chaput verhehlt nicht seine Freude: In Bar-le-Duc ist die Front noch weit entfernt, es gefällt ihm, privat untergebracht zu sein, er genießt das Ansehen aufgrund der Tatsache, ausgewählt worden zu sein, er verkehrt mit den besten Piloten und wird endlich das Flugzeug fliegen können, von dem er seit Monaten träumt: einen Einsitzer, die Nieuport XI, auch „Baby“ genannt. Dieses vollkommen neue französische Flugzeug hat gegenüber den sehr gut bewaffneten, aber schwerfälligen Fokkern den Vorteil, dass es wendig und schnell ist. Es gleicht den Rückstand der französischen Jagdfliegerei aus: Gegenüber den 250 Patronen der deutschen Maschinengewehre, verfügt das Maschinengewehr Lewis, mit dem die Nieuport XI ausgestattet ist, über ein Magazin mit 47 Patronen, also fast doppelt so viel wie zuvor das Hotchkiss-Maschinengewehr mit 24 Patronen.
Das von Staffelführer (commandant) de Rose initiierte Zusammenziehen der Fliegerasse war die Geburtsstunde der Jagdfliegerei zu Beginn der ersten Luftschlacht.

 
Transkription:
 

[Seite 1]

  1. März 1916

Schreiben Sie mir an diese Adresse:
Außenstelle der R.G. Aviation
Postsektor 24

Mein lieber Papa,

es tut mir leid, dass ich Paris bzw. dessen Umgebung verlassen musste, ohne mich von Ihnen verabschieden zu können. Marot hat es Ihnen bestimmt gesagt: Ich wurde unverzüglich in weniger als zwei Stunden mit dem Pkw nach B.L.D. [Bar-le-Duc] geschickt, wo ich am Abend des 1. problemlos angekommen bin. Fast unmöglich, eine Unterkunft zu finden. Ich habe schließlich eine miserable Bleibe in einem Hotel [unleserlich] gefunden und mir ein schlechtes Bett mit einem meiner Reisebegleiter geteilt. Am nächsten Tag habe ich mich beim

[Seite 2]
Zentrum gemeldet und ich wurde der N31-Staffel von Hauptmann (capitaine) Augier (Sohn des Ortskommandanten von Pau) zugeteilt. Er hat mich sehr nett aufgenommen und war sehr freundlich. Er versprach mir eine Maschine in ein bis zwei Tagen. Er wird sein Möglichstes tun, damit ich einen Einsitzer bekomme, doch er befürchtet, dass dies schwierig sein wird.
Es ist für mich eine Ehre hier zu sein. Aus allen Staffeln wurden Piloten ausgewählt und hier wegen der Angriffe auf Verdun zusammengezogen. Zu meiner Staffel gehört auch der berühmte Pelletier d’Oisy, der viele „Boches“ besiegt hat. Ich bin der einzige Unteroffizier und habe als einziger kein Verdienstkreuz. Navarre ist auch hier, aber in einer anderen Staffel. Die beiden „Boches“, die er neulich abgeschossen hat, haben ihm nicht gereicht und so hat er gestern noch einen abgeschossen.

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Er ist wirklich ein außergewöhnlicher Kerl.
Im Augenblick bin ich also sehr froh, hier zu sein und ich glaube, dass ich in der Lage wäre, meine Arbeit gut zu machen, wenn man mir eine Nieuport 11 geben würde. Andernfalls werde ich versuchen, eine Spad zu bekommen, ein eigenartiger Zweisitzer, der aber nicht schlecht fliegt.
Das einzig etwas Unangenehme hier ist, dass wir uns auf einem provisorischen Stützpunkt befinden und gar nichts organisiert ist. Jeder ist sich selbst überlassen und schlägt sich so gut durch wie er kann. Wir schlafen also im Hotel oder in

[Seite 4]
der Stadt und essen im Restaurant. Das ist durchaus angenehm und Bar-le-Duc hat viel zu bieten. Doch das Leben hier ist teuer und ich befürchte, dass mir bald das Geld ausgeht.
Im Gegensatz zur Staffel C 28 scheint es hier an Gerät nicht zu mangeln. Es gibt Lewis-Maschinengewehre und fabelhaftes optisches Zielgerät. Mit einer solchen Ausrüstung muss die Arbeit einfach sein.
Ich halte Sie auf dem Laufenden, was aus mir wird und schreibe Ihnen, wenn ich Kleidung benötige, die ich in Paris gelassen habe.

Ich umarme Sie liebevoll, mein lieber Papa, und ebenso Jeanne.

Jean

Jean Chaput

Jean Chaput

Jean Chaput naît à Paris le 17 septembre 1893 ; son père, Henri, est un éminent chirurgien de l’hôpital Lariboisière. De 1905 à 1907, il reçoit une éducation sportive de haut niveau en Angleterre.
Encore étudiant à la mobilisation, il entre au service actif le 17 août. Intégré dans l’aviation, il reçoit son brevet militaire à Avord, le 21 novembre sur Voisin.
Arrivé au front à l’escadrille C 28 le 17 février 1915, il est rapidement promu caporal puis sergent. Il est nommé sous-lieutenant le 25 mars 1916 puis lieutenant le 1er avril 1918, et, dix jours après, il reçoit le commandement de l’escadrille S 57.
Blessé lors de combats aériens à plusieurs reprises, il est mortellement atteint le 6 mai 1918, près de Welles-Pérennes, dans l’Oise.

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Jean Chaput

17.02.1916: Jean doit réapprendre à piloter | Jean Must Learn to Fly Again | Jean muss seine Flugkenntnisse wieder auffrischen

Transcription:
 

Le 17 février 1916

Ma chère Jeanne,
Je te remercie de ta lettre. Je suis toujours à ce diable de Plessis où je m’ennuie comme un rat mort. Il fait un temps abominable, c’est un pays absolument …

… perdu et sans ressources aucunes. Heureusement, je suis logé chez ce brave Dr Riguier, qui est fort aimable et fait de son mieux pour me rendre mon séjour ici agréable.
Lorsque je ne sais pas quoi faire, ce qui arrive souvent, je puis toujours aller chez …

… lui pour lire ou écrire. Je rage d’autant plus de rester ici que j’ai reçu une affectation, je dois partir en escadrille à Toul, avec un monoplace, mais il n’y a pas d’appareil en ce moment à ce qu’il paraît, et je dois attendre ici qu’il y en ait de nouveau au …

… Bourget. Je serais tellement mieux à attendre là-bas. Enfin cela ne fait rien, et tout s’arrangera certainement d’ici pas longtemps. Je pense que ma lettre te trouveras à Tonnerre, je vais penser à toi tous ces jours-ci.
Embrasse tante Gabrielle de ma part.
Tendrement à toi,
Jean

  Jean a finalement obtenu de changer d’escadrille.Il quitte son escadrille de Caudron – appareils biplaces – pour une escadrille de Nieuport, monoplaces. Mais un tel changement se prépare : un Caudron G4 est un appareil massif et peu maniable, d’une envergure de 17 m, avec de part et d’autre de la nacelle biplace deux nacelles moteur ; c’estl’observateur qui y sert les deux mitrailleuses. Le pilote du Nieuport XI lui,est seul et il tire en même temps qu’il pilote un petit chasseur de 7 m d’envergure léger, et aussi manœuvrable que fragile. Il doit donc quitter le front quelque temps et aller s’entraîner.

Pour cela il doit aller au groupement des divisions d’entraînement qui ouvre en 1916 au Plessis-Belleville au nord-est de Paris. Sa création est liée à la nécessité grandissante de former non seulement de plus en plus de pilotes, mais aussi de reformer régulièrement les pilotes brevetés aux innovations techniques des nouveaux appareils. Jean y passe un mois, du 7 février au 1er mars 1916. Il n’y semble pas à son aise. Il faut se représenter un terrain d’aviation avec 50 baraques où sont abrités les appareils et où les pilotes attendent de longues heures leur tour de vol. D’autres que Chaput, toutefois, parlent de cet entraînement comme d’un séjour agréable où les attentes sont occupées par les jeux de carte.

Jean a reçu une affectation à la N31 stationnée à Toul (dans le secteur de Verdun) et attend d’avoir un avion pour pouvoir s’y rendre. L’approvisionnement en avion du Plessis est fastidieux : les appareils neufs allant directement au front, le Plessis n’hérite que des vieux appareils obsolètes ou en mauvais état qui doivent d’abord être réparés au Bourget.

 
Nota: Tonnerre, dont il parle ici, est la ville où il vivait étant enfant, où sa famille a désormais une maison de villégiature.

Jean finally managed to change squadrons. He left his Caudron –twin-seater aircraft—squadron for a Nieuport, single-seater, squadron. But such a change requires preparation:  a Caudron G4 is a bulky, unwieldy aircraft, with a 17-m wingspan, and two engine nacelles on either side of the two-seater nacelle: the observer uses both machine guns there. The Nieuport XI pilot is alone however and fires at the same time as flying the small fighter aeroplane with a 7-m light wingspan, as fragile as it is easy to handle. He therefore has to leave the front for a while and go and train.

To do this, he has to go to the training division group which opened in 1916 in le Plessis-Belleville, in the north-east of Paris. Its creation is related to the increasing necessity of training not only more and more pilots, but also retraining licensed pilots in the technical innovations of the new aircraft. Jean spent a month there, from 7 February to 1 March 1916. He did not seem to be at ease there. One has to picture an airfield with 50 huts where the aircraft are stored and where the pilots spend a long time waiting for their turn to fly. Other people however speak of this training as if it were a pleasant moment, the waiting being taken up with card games.

Jean was posted to the N31 stationed in Toul (in the Verdun sector) and waited for an aeroplane to go there. The Plessis aeroplane supply process was lengthy:  as the new aircraft went to the front, le Plessis only inherited old, obsolete aircraft or aircraft in bad condition which first had to be repaired in Le Bourget.

 
Note: Tonnerre, which he talks of here, was the town where he lived as a child and where his family then had a holiday home.

 
Transcription:
 

17th February 1916

My dear Jeanne,
Thank you for your letter. I’m still in this devil of Plessis where I’m as bored as a dead rat. The weather is abominable, it’s real backwater land …

… and without any resources whatsoever. Luckily, I’m lodging with the good Dr Riguier, who is very friendly and does his best to make my stay here pleasant.
When I don’t know what to do, which happens often, I can always go to his home …

… to read or write. I rage even more at staying here as I’ve got a posting, I have to go to my squadron in Toul, with a single-seater, but there are no aircraft at the moment it would appear, and I have to wait here until there are some again at …

… le Bourget. I would be so much better waiting there. But in the end it doesn’t matter, and everything will surely be sorted out soon. I think that my letter will reach you in Tonerre, I’ll think of you in all the coming days.
Give Aunt Gabrielle a kiss from me.
Yours fondly,
Jean

 Jean ist es endlich gelungen, die Staffel zu wechseln. Er tauscht seine Caudron-Staffel mit Zweisitzern gegen eine Nieuport-Staffel mit Einsitzern. Doch ein solcher Wechsel bedarf der Vorbereitung: Die Caudron G4 ist ein schweres und unhandliches Flugzeug mit einer Spannweite von 17 m und zwei Motorgondeln rechts und links der zweisitzigen Gondel für die Besatzung; der Beobachter bedient die beiden Maschinengewehre. Der Pilot der Nieuport XI ist allein und muss gleichzeitig schießen und ein kleines und leichtes Jagdflugzeug mit einer Spannweite von 7 m steuern, das ebenso wendig wie anfällig ist. Jean muss also die Front für einige Zeit verlassen, um zu üben.

Dazu besucht er den Verband der Ausbildungsdivisionen (groupement des divisions d’entraînement), der 1916 in Plessis-Belleville im Nordosten von Paris aufgestellt wurde. Die Gründung stand in Zusammenhang mit der zunehmenden Notwendigkeit, nicht nur immer mehr Piloten auszubilden, sondern die ausgebildeten Piloten auch regelmäßig in die technischen Neuerungen der Flugzeuge einzuweisen. Jean verbringt einen Monat, vom 7. Februar bis zum 1. März 1916, in Plessis-Belleville. Er scheint sich dort nicht wohl zu fühlen. Man muss sich einen Flugplatz mit fünfzig Baracken vorstellen, in denen die Flugzeuge untergestellt sind und die Piloten viele Stunden darauf warten, dass sie an der Reihe sind. Im Gegensatz zu Chaput sprechen andere über diese Ausbildung als angenehmen Aufenthalt, bei dem man sich die Wartezeit mit Kartenspielen verkürzt.

Jean hat seine Kommandierung zur N31-Staffel in Toul (Sektor Verdun) erhalten und wartet auf ein Flugzeug, um dorthin zu kommen. Die Beschaffung eines Flugzeugs in Plessis ist langwierig: Da die neuen Flugzeuge direkt an die Front gehen, bekommt Plessis nur veraltete Maschinen in schlechtem Zustand, die zunächst in Le Bourget in Stand gesetzt werden müssen.

 
Anmerkung: Tonnerre, das Jean in seinem Brief erwähnt, ist die Stadt, in der er seine Kindheit verbrachte und wo seine Familie jetzt ein Ferienhaus besitzt.

 
Transkription:
 

Meine liebe Jeanne,

vielen Dank für Deinen Brief. Ich bin immer noch in diesem verdammten Plessis, wo ich mich zu Tode langweile. Das Wetter ist furchtbar, die Gegend ist vollkommen …

… abgelegen und hat nichts zu bieten. Glücklicherweise bin ich bei Dr. Riguier untergebracht, der sehr nett und liebenswert ist und alles dafür tut, mir den Aufenthalt hier so angenehm wie möglich zu gestalten.
Wenn ich nicht weiß, was ich machen soll, was häufig der Fall ist, kann ich immer zu ihm gehen, …

… um zu lesen oder zu schreiben. Die Tatsache, dass ich hier bleiben muss, macht mich umso wütender, als ich bereits meine Kommandierung zur Staffel nach Toul bekommen habe, wohin ich in einem Einsitzer fliegen soll. Offenbar gibt es zurzeit keine Maschinen und ich muss hier warten, bis es in …

… Le Bourget wieder welche gibt. Ich würde viel lieber dort warten. Letztlich ist es aber egal und sicherlich wird sich bald alles regeln. Ich denke, dass Dich mein Brief in Tonnerre erreichen wird, ich werde in diesen Tagen an Dich denken.
Grüße Tante Gabrielle von mir.
Sei herzlichst gegrüßt und umarmt

Jean

Jean Chaput

Jean Chaput

Jean Chaput naît à Paris le 17 septembre 1893 ; son père, Henri, est un éminent chirurgien de l’hôpital Lariboisière. De 1905 à 1907, il reçoit une éducation sportive de haut niveau en Angleterre.
Encore étudiant à la mobilisation, il entre au service actif le 17 août. Intégré dans l’aviation, il reçoit son brevet militaire à Avord, le 21 novembre sur Voisin.
Arrivé au front à l’escadrille C 28 le 17 février 1915, il est rapidement promu caporal puis sergent. Il est nommé sous-lieutenant le 25 mars 1916 puis lieutenant le 1er avril 1918, et, dix jours après, il reçoit le commandement de l’escadrille S 57.
Blessé lors de combats aériens à plusieurs reprises, il est mortellement atteint le 6 mai 1918, près de Welles-Pérennes, dans l’Oise.

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Jean Chaput

16.10.1915: Du peu d’organisation des escadrilles | A Squadron’s Lack of Organisation | Über fehlende Organisation in der Staffel

Transcription:
 

[page 1]
16 Octobre 1916 Escadrille C 28
S, P ; 133

Mon cher Papa

J’ai découvert au bureau une machine à écrire et je suis ravi de ne plus être obligé de mettre la main à la plume. Nous sommes ici en plein bled à plusieurs kilomètres de toute habitation. L’escadrille est en plein champs et nous logeons à côté sous la tente, le parc nous a fourni de vagues lits démontables mais je préfère coucher sur la paille je ne m’en trouve d’ailleurs pas plus mal. Vous avez peut-être reçu la visite de Lallemant, à son passage à Paris ; car il nous a quitté ayant été rappelé par l’aviation Maritime. Cela nous a fait de la peine à tous de quitter un aussi gentil camarade et c’est une grosse perte que l’escadrille fait en sa personne avec cela ; le nombre des pilotes doit être porté à huit de sorte que nous recevons de jeunes pilotes. La vieille escadrille 28 n’est plus qu’un souvenir. Le capitaine m’a affecté il y a quelques jours un avion à deux moteurs c’est juste l’appareil opposé de celui qui me plairait. Moi qui voudrais avoir un petit appareil monoplace ; j’ai en place une grande maison avec 160 chevaux, deux moteurs, trois nacelles cela a 17 mètres d’envergure vous pouvez penser comme cela peut être maniable une mécanique pareille.
L’aviation a subi de lourdes pertes ces jours-ci dans notre région. En quelques jours ; une escadrille voisine de la nôtre a perdu quatre équipages c’est une escadrille de deux moteurs presque tous ont été abattus par des avions boches ; en général de ces fameux Fokker qui ont déjà fait tant de ravages.

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