26.06.1918: Lettres de condoléances au père de Jean | Letters of Condolence to the Father of Jean | Kondolenzbriefe an den Vater von Jean

Transcription:
[Lettre 1]
12 mai 1918                                                                                                                                                                                              Du front

Monsieur,

J’ai eu la douleur d’apprendre par les journaux la perte cruelle que vous venez d’éprouver par la fin glorieuse de votre fils Jean. C’est en qualité de bon camarade et de Secrétaire général du Club des Patineurs de Paris que je vous adresse l’expression émue de ma profonde sympathie me faisant en même temps l’interprète de tous nos camarades du club.
Veuillez agréer, Monsieur, l’expression de mes sentiments les plus sincères.

Pte G.N. Magnus M/3502/8
56th Divisional MT Coy
B.E.F. France

[Signature]

 
[Lettre 2]
Cher collègue

Permettez moi de m’associer à votre deuil, qui est celui de toute la France, et je vous adresse l’expression de ma sympathie. Il n’y a pas de gloires, si haute, si pure, si splendide soit-elle, qui puisse sécher les larmes d’un père.

[Signature]

10 mai 1918

 
[Lettre 3, P. 1]
Paris 24 Juin 1918

Monsieur

J’ai eu l’honneur de connaitre votre fils à l’escadrille C.28 au temps où elle était attachée au corps de cavalerie en novembre-décembre 1916. C’était à la ferme d’Alger ; j’eus également l’honneur de monter avec lui.
J’ai appris récemment sa mort glorieuse et je vous transmets

[Lettre 3, P. 2]
Monsieur, toute l’estime et l’admiration que j’avais pour votre fils. Je sais que cette estime et cette admiration étaient partagées par tous les camarades et tous les inconnus qui ont lu mainte fois son nom au communiqué et qu’elles atténueront la douleur de votre deuil.
Veuillez agréer, Monsieur, avec cette modeste carte d’une pierre tombale pour les glorieux aviateurs morts au champ d’honneur, l’assurance de

[Lettre 3, P. 3]
mes très respectueux sentiments

Louis H. [?] statuaire
ex sergent Ct la section de photo-
aérienne de l’escadrille F.40
réformé temporairement
11 Passage Alexandre
Paris XVe

 
[Lettre 4, P. 1]
Paris 26 juin 1918

Cher Monsieur,

J’ai appris, depuis peu, avec émotion, le grand malheur qui vous a frappé si cruellement, en la personne de votre fils.
J’ai eu l’occasion, aussi, de lire presqu’en même temps l’article le concernant et paru dans « Excelsior ».
Je suis probablement pour vous un inconnu, mais permettez à un des anciens maîtres de votre fils à l’Ecole Supérieure d’Electricité de venir vous apporter en cette triste circonstance l’expression de ses respectueuses et bien sincères condoléances.

[Lettre 4, P. 2]
J’ai conservé le souvenir très net de votre fils et j’avais remarqué à maintes reprises sa vive intelligence, sa décision, son courage et la fermeté de ses convictions.
L’exemple qu’il a donné à la jeunesse française est vraiment admirable.
Il avait devant lui un brillant avenir personnel ; il l’a sacrifié vaillamment à l’avenir de la France.
Quoi de plus sublime et de plus beau !
Je vous prie d’agréer, cher Monsieur Chaput, ainsi que votre famille, l’expression de mes sentiments les plus sincères et les plus respectueux.

[Signature]

André Constans. Ing. A. et M.[Ingénieur des Arts et Métiers]
Ancien chef d’atelier de l’Ecole Supérieure d’Electricité
238 Rue de la Convention
Paris (XVe)

 

En juin 1918, les premières troupes américaines débarquent en France pour apporter leur soutien aux Alliés. L’Entente a par ailleurs été renforcée par l’adhésion de la Grèce qui s’implique face aux Bulgares et aux Turcs. En Afrique, les colonies allemandes sont envahies par une force anglo-belge, notamment soutenue par un embryon de corps aérien.

Dès l’annonce officielle de la mort de Jean Chaput début mai, et sur une période de plus d’un mois, son père reçoit des très nombreuses lettres et cartes de condoléances.
Ceux-ci affluent du front comme de l’arrière : ce sont des camarades de Chaput, de longue date ou non, ses amis patineurs, son ancien professeur à l’Ecole Supérieure d’Electricité, ou encore des collègues de Chaput père, qui souhaitent s’associer à la douleur de ce dernier.

Les deux premières lettres sont simples, concises et vont au but, celui de compatir à la douleur d’un père et de le soutenir dans cette épreuve. La troisième lettre, celle d’un militaire, s’attache à assurer Chaput père que son fils ne sera pas oublié, qu’il a marqué durablement les mémoires de tous ceux qui l’ont côtoyé ou du moins connu. Enfin la quatrième et dernière lettre et la plus lyrique, le professeur insistant sur les grandes qualités de son ancien élève, du modèle qu’il représente désormais pour les générations futures. Chacun, à sa manière, tente d’atténuer le chagrin de ce chirurgien qui s’en veut terriblement de ne pas avoir été présent pour tenter de traiter la blessure de son fils.

In June 1918, the first American troops landed in France to support the Allies. The Allies had also been strengthened with the inclusion of Greece, which was engaged against the Bulgarians and Turks. In Africa, the German colonies have been invaded by an Anglo-Belgian force, notable for being supported by an embryonic aerial force.

From the official announcement of the death of Jean Chaput in early May, and over a period of more than a month, his father received many letters and cards of condolence. They flow in from the front as well as the rear area: from Chaput’s long-time comrades or strangers, his skating friends, his former professor at the Ecole Supérieure d’Electricité, or even colleagues of Chaput’s father, they all wish to join in his mourning.

The first two letters are simple, concise and get straight to the point, that of sympathizing with the father’s sorrow and supporting him in this ordeal. The third letter, that of a soldier, strives to assure Chaput’s father that his son will not be forgotten, that he has created a lasting memorial for all those who knew him or at least had heard of him. Finally the fourth and last letter and the most lyrical, the teacher insisting on the great qualities of his former student, the model he now represents for future generations. Each, in its own way, tries to alleviate the sorrow of this surgeon who was so terribly sorry not to have been present to try to treat his son’s wounds.

 
Transcription:
[Letter 1]
12th May 2919
From the Front

Dear Sir,
I had the pain of learning from the newspapers that you have just suffered the cruel loss of your glorious son John.
As a good friend and President of the Paris Ice-Skating Club, I wish to send you my deepest sympathy and that of all of the members of the club.
With my most sincere regards,
Pvt G.N. Magnus M/3502/8
56th Divisional MT Coy
B.E.F. France

[Signature]

 
[Letter 2]
Dear Colleague
Allow me to join in your mourning, which is that of all of France, and to send you my deepest sympathy. There is no glory so high or so pure or so splendid, that it can dry a father’s tears.
[Signature]
10th May 1918

 
[Letter 3, P. 1]
Paris 24 June 1918

Sir,
I had the honour of the acquaintanceship of your son in C28 squadron where he was attached to the cavalry brigade during November to December 1918. I also had the honour of riding with him at the Alger Farm.
I recently learned of his noble death and I let you know

[Letter 3, P. 2]
Sir, of the highest respect and admiration I had for your son. I know that this respect and admiration were shared by all his comrades and the general public who have read his name many times in dispatches and hope they will alleviate the pain of your mourning.
With this modest postcard image, of a tombstone placed in remembrance of the heroic airman who died on the field of honour, I wish Sir to offer

[Letter 3, P. 3]
my most sincere condolences.

Louis H. [?]
ex sergeant, commanding the photo-recce section
F40 Squadron (temporarily reformed)
11 Alexander Passage
15th Arr. Paris

 
[Letter 4, P. 1]
Paris 26 June 1918

Dear Sir,
I recently learned with emotion the great misfortune which has so cruelly afflicted you in the person of your son. Almost at the same time I also read the article in which he featured in “Excelsior”.
Whilst I do not think we have met, please allow me on this sad occasion, as one of your son’s former masters at the Ecole Supérieure d’Electricité, to express my most respectful and sincere condolences.

[Letter 4, P. 2]
I have a very clear memory of your son and on many occasions I noticed his keen intelligence, his decisiveness, his courage and the firmness of his convictions.
The example he has given to the Youth of French is truly admirable.
He had a brilliant future before him; he valiantly sacrificed this for France’s future.
Nothing is more majestic or nobler!
Please accept, Mr. Chaput, and family, the expression of my most sincere and most respectful sentiments.

[Signature]

André Constans. Ing. A. and M. [Engineer of Arts and Crafts]
Former Supervisor of the Ecole Supérieure d’Electricité
238 Rue de la Convention
Paris (XVth Arr.)

Im Juni 1918 landen die ersten amerikanischen Truppen in Frankreich, um die Alliierten zu unterstützen. Die Entente ist außerdem durch den Beitritt Griechenlands verstärkt worden, das sich im Kampf gegen die Bulgaren und die Türken einsetzt. In Afrika ist ein englisch-belgischer Verband in die deutschen Kolonien eingefallen, der insbesondere durch ein kleines Fliegerkorps unterstützt wurde.

Ab der offiziellen Verkündung des Todes von Jean Chaput Anfang Mai über einen Zeitraum von mehr als einem Monat erhält sein Vater zahlreiche Kondolenzbriefe und -karten. Diese kommen in großer Zahl sowohl von der Front als auch aus dem Hinterland: Es sind Kameraden von Chaput, langjährige und andere, seine Eishockeyfreunde, sein ehemaliger Lehrer an der Ecole Supérieure d’Electricité oder auch Kollegen seines Vaters, die am Schmerz des Letzteren Anteil nehmen möchten.

Die ersten beiden Briefe sind einfach, knapp und kommen zur Sache, indem sie thematisieren, dass sie den Schmerz eines Vaters teilen und ihm in diesen schweren Zeiten beistehen. Der dritte Brief, von einem Soldaten, befasst sich damit, dem Vater zu versichern, dass sein Sohn nicht vergessen wird und dass er die Erinnerungen derer, die mit ihm zu tun hatten oder ihn zumindest kannten, nachhaltig geprägt hat. Der vierte und letzte Brief ist schließlich der lyrischste, in dem der Lehrer die hervorstechendsten Eigenschaften seines ehemaligen Schülers betont und in dem hervorgehoben wird, dass er von nun an als Vorbild für die künftigen Generationen dient. Jeder versucht auf seine Weise, das Leid dieses Chirurgen zu lindern, der sich schreckliche Vorwürfe macht, weil er nicht zur Stelle war, um zu versuchen, die Verletzung seines Sohnes zu behandeln.

 
Transcription:
[Brief 1]
12. Mai 1918
Von der Front

Sehr geehrter Herr Chaput,
ich habe mit Trauer aus den Zeitungen von dem schrecklichen Verlust erfahren, den Sie durch das ruhmreiche Ende Ihres Sohnes Jean erleiden mussten. In meiner Eigenschaft als guter Kamerad und Generalsekretär des Eishockeyteams von Paris möchte ich Ihnen mein tiefstes Mitgefühl auch im Namen aller unserer Vereinskameraden aussprechen.
Mit freundlichen Grüßen
Private G.N. Magnus M/3502/8
56th Divisional MT Company
Britisches Expeditionskorps Frankreich
[Unterschrift]

 
[Brief 2]
Sehr geehrter Kollege,
erlauben Sie mir, an Ihrer Trauer Anteil zu nehmen, die die Trauer ganz Frankreichs ist. Und ich überbringe Ihnen mein Mitgefühl. Es gibt keinen Ruhm, der so groß, so rein, so prächtig ist, dass er die Tränen eines Vaters trocknen könnte.

[Unterschrift]
10. Mai 1918

 
[Brief 3, Seite 1]
Paris, 24. Juni 1918

Sehr geehrte Herr Chaput,

ich hatte die Ehre, Ihren Sohn bei der Staffel C.28 kennenzulernen, als diese im November – Dezember 1916 an das Kavalleriekorps angegliedert war. Das war in Ferme d‘Alger; ich hatte ebenfalls die Ehre, mit ihm aufzusteigen.
Ich habe vor kurzem von seinem ruhmreichen Tod erfahren und bringe Ihnen,

[Brief 3, Seite 2]
Herr Chaput, all die Wertschätzung und Bewunderung entgegen, die ich für Ihren Sohn empfunden habe. Ich weiß, dass diese Wertschätzung und diese Bewunderung von allen Kameraden und von allen Unbekannten, die seinen Namen mehrfach in den amtlichen Mitteilungen gelesen haben, geteilt wurden und dass sie den Schmerz Ihrer Trauer lindern werden.
Mit dieser bescheidenen Karte eines Grabsteins für die ruhmreichen Flieger, die auf dem Feld der Ehre gestorben sind, möchte ich Ihnen mein Mitgefühl ausdrücken.

[Brief 3, Seite 3]
Hochachtungsvoll,

Louis H. [?] Bildhauer
Ehemaliger Unteroffizier und Befehlshaber
der Luftaufklärungseinheit der Staffel F.40
vorübergehend außer Dienst
11 Passage Alexandre
Paris, 15. Arrondissement

 
[Brief 4, Seite 1]
Paris, 26. Juni 1918

Sehr geehrter Herr Chaput,
ich habe vor kurzem mit Bestürzung von dem großen Unglück erfahren, das Sie in der Person Ihres Sohnes so grausam getroffen hat.
Außerdem habe ich zufällig etwa zur gleichen Zeit den Artikel über ihn im „Excelsior“ gelesen.
Sie kennen mich wahrscheinlich nicht, aber erlauben Sie mir als ehemaligem Lehrer Ihres Sohnes an der Ecole Supérieure d’Electricité, Ihnen unter diesen traurigen Umständen mein aufrichtiges Beileid auszusprechen.

[Brief 4, Seite 2]
Ich kann mich sehr deutlich an Ihren Sohn erinnern und habe mehrfach seinen regen Geist, seine Entschlossenheit, seinen Mut und seine feste Überzeugung feststellen können.
Das Beispiel, das er der französischen Jugend gegeben hat, ist wirklich bewundernswert.
Er hatte eine glänzende persönliche Zukunft vor sich; er hat sie tapfer für die Zukunft Frankreichs geopfert.
Was gibt es Bewunderungswürdigeres und Schöneres!
Mit freundlichen Grüßen,
[Unterschrift]

André Constans. Ingénieur des Arts et Métiers
Ehemaliger Werkmeister der Ecole Supérieure d’Electricité
238 Rue de la Convention
Paris (15. Arrondissement)