30.04.1916: Combat aérien et expérimentations | Air Combat and Experimentations | Luftkampf und Erprobung

Transcription:

[page 1]

30 avril

L’aviation allemande se souviendra de cette journée ; elle a voulu montrer de l’activité, mais elle l’a payé cher. Un Aviatik tout neuf et chargé de bombes a été abattu par le canon. Un Albatros a dû atterrir du côté de Ste Menehould par suite de balles dans le moteur. Un autre avion est tombé du côté de Verdun ; enfin j’ai abattu un Fokker.
J’avais été réveillé vers 5h par tout un vacarme de bombes, de moteur, éclatement d’obus contre avion etc. Je me suis habillé en hâte et j’ai bondi dans mon…

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24.04.1916: Une défaite de Jean | One of Jean’s Defeats | Jean wird besiegt

Transcription:
 

24 avril 1916

Je me suis couvert de ridicule aujourd’hui. J’ai fait 4h ½ de vol, et comme résultat j’ai abîmé mon appareil. Je m’étais offert le luxe d’attaquer dans leur lignes deux avions allemands qui croisaient ensemble ; tandis que deux autres étaient aux environs. Ma mitrailleuse a raté et reraté : j’ai dû abandonner et j’ai reçu 3 balles. 1 dans la queue de l’appareil, 1 dans le plan gauche, et une dans le droit; celle-ci a fendu un mat et le longeron avant du plan supérieur. …

… Si ma mitrailleuse n’avait pas raté, j’aurais certainement abattu l’un des deux. Je n’ai rien à regretter d’ailleurs et cela fait un enseignement de plus.

 

Jean raconte peu de défaites. Le 24 avril 1916, un combat tourne si mal que non seulement Chaput prend la fuite, mais en plus son avion subit de nombreuses avaries. Des éléments importants de l’appareil sont endommagés: le longeron, dans la charpente de l’aile, et le mat qui relie entre eux les deux plans.

Le dysfonctionnement des mitrailleuses était un problème récurrent que connaissaient tous les pilotes alliés, lié à la mauvaise adaptation de l’arme aux conditions du combat aérien. Celle-ci est en effet prévue pour un usage au sol ; son usage en vol est rendu très aléatoire notamment par les conditions atmosphériques (froid, humidité. A cela s’ajoutent les difficultés au moment de viser liées à la rapidité des déplacements et à la nécessité de continuer à piloter tout en tirant. C’est pourquoi les pilotes de chasse prennent l’habitude de se rapprocher le plus possible de la cible avant de tirer, afin d’optimiser les chances de neutraliser l’appareil ennemi, voire de toucher mortellement l’adversaire. Cette proximité participe à la violence que connaissent les aviateurs, et Jean ne cache pas sa surprise de distinguer «  le visage rose et le casque marron» d’un Allemand qu’il affronte.

On conçoit bien, grâce à ce récit, comment l’écriture participe à l’endurance des combattants en donnant, par le discours, un sens à l’expérience de guerre. Jean dépasse finalement – « je n’ai rien à regretter » la honte qu’il éprouvait en se mettant à écrire -« Je me suis couvert de ridicule aujourd’hui ».
La fréquence des affrontements  à Verdun épuise Chaput  à cause entre autres des changements brutaux de pression liés aux variations d’altitude. Ainsi dans la semaine qui encadre ce récit, Jean combat une douzaine d’avion dont deux qu’il abat.

 

Tales of defeat are rare in Jean Chaput’s writing. On 29 April 1916, he not only has to flee, his aeroplane also suffers much damage. Major elements of the aircraft are damaged: the strut linking the two wings and the spar, belonging to the wing framework. Damage of this type is often repaired at camp by a mechanic.

Jean attributes his defeat to the malfunction of his machine gun. It’s a recurring problem linked to the maladjustment of the weapon to aerial combat conditions. Machine guns are in fact intended for use on the ground. Their use in flight is made unpredictable particularly by vibrations and atmospheric conditions (cold and damp) that make the weapon more likely to jam. Added to that is the fact that the machine gun must be handled while flying the aeroplane.

This defeat is part of a long series of battles waged by Jean in the context of Verdun, which exhaust him to the point that sometimes, he writes, he ”passes out” in flight, because of fatigue and the sudden changes in pressure due to variations in altitude. Thus within a week, Jean has fought ten aeroplanes—he was especially affected by the proximity of his enemies’ faces–he shot down an Aviatik, and then on 30 April he would shoot down a Fokker.
It is easy to understand, thanks to this account, how writing contributes to soldiers’ endurance by giving a meaning to the experience of war. Jean finally manages to overcome the shame he felt by putting pen to paper. “I made a complete fool of myself today” and then “I don’t regret a thing”.

 
Transcription:
 

24th April 1916

I made a complete fool of myself today. I did 4 ½h flying, and damaged my aircraft as a result. I allowed myself the luxury of attacking two German aeroplanes within their lines who were cruising together; while two others were in the area. My machine gun failed and failed again: I had to give up and got 3 bullets. 1 in the aircraft tail, 1 on the left wing and one on the right; that one split a strut and the upper spar. …

… If my machine gun hadn’t failed, I would definitely have shot down one of them. But I don’t regret a thing and that’s another lesson learned.

 

Jean berichtet selten über Niederlagen. Am 24. April 1916 nimmt ein Kampf eine so schlechte Wendung, dass Jean nicht nur die Flucht ergreift, sondern auch wichtige Bauteile seiner Maschine beschädigt werden: der Holm im Tragwerk des Flügels und die Strebe, welche die beiden Tragflächen miteinander verbindet.

Das Versagen der Maschinengewehre war ein wiederkehrendes Problem, mit dem alle Piloten der Verbündeten zu kämpfen hatten und das auf die mangelnde Anpassung der Waffe an die Bedingungen des Luftkampfes zurückzuführen war. Denn das Maschinengewehr war für eine Verwendung am Boden vorgesehen. Seine Einsatztauglichkeit in der Luft war insbesondere witterungsbedingt (Kälte, Feuchtigkeit) sehr dem Zufall unterworfen. Hinzu kamen Probleme beim Zielen wegen der schnellen Positionswechsel und der Tatsache, dass der Pilot gleichzeitig schießen und steuern musste. Deshalb gewöhnten es sich die Jagdpiloten an, sich vor dem Schießen dem Ziel so weit wie möglich zu nähern, um die Chancen, das feindliche Flugzeug auszuschalten, ja sogar den Gegner tödlich zu treffen, zu erhöhen. Diese Nähe trug zur Gewalt bei, der die Flieger ausgesetzt waren. So verbirgt Jean nicht seine Verwunderung darüber, dass er „das rosige Gesicht und den braunen Helm“ eines Deutschen, gegen den er kämpft, erkennen kann.

Dieser Bericht macht deutlich, wie das Schreiben zum Durchhaltevermögen der Kämpfer beitrug, indem es durch den Diskurs der Kriegserfahrung einen Sinn verlieh. Jean überwindet schließlich die Scham – „ich bedauere nichts“ –, die er beim Schreiben der Worte „Heute habe ich mich lächerlich gemacht“ empfand.
Die Häufigkeit der Konfrontationen in Verdun zehrt an Jeans Kräften, was unter anderem auf die heftigen Druckwechsel aufgrund wechselnder Höhen zurückzuführen ist. So bekämpfte Jean in der Woche, in der er seinen Bericht schrieb, ungefähr zwölf Flugzeuge, von denen er zwei abschoss.

 
Transkription:
 

[Seite 1]

  1. April

Heute habe ich mich lächerlich gemacht. Ich bin 4 ½ Stunden geflogen mit dem Ergebnis, dass ich meine Maschine kaputt gemacht habe. Ich hatte mir erlaubt, zwei deutsche Flugzeuge, die zusammen flogen, in ihren Linien anzugreifen, während sich zwei weitere in der Nähe befanden. Mein Maschinengewehr versagte mehrmals, so dass ich aufgeben musste und von 3 Schüssen getroffen wurde: einer ging ins Heck der Maschine, einer in die linke Tragfläche und einer in die rechte. Letzterer führte dazu, dass eine Strebe und der vordere Holm der oberen Tragfläche zerbarsten.

[Seite 2]
Hätte mein Maschinengewehr nicht versagt, hätte ich sicherlich einen von beiden abgeschossen.
Im Übrigen bedauere ich nichts und bin um eine Erfahrung reicher.

Jean Chaput

Jean Chaput

Jean Chaput naît à Paris le 17 septembre 1893 ; son père, Henri, est un éminent chirurgien de l’hôpital Lariboisière. De 1905 à 1907, il reçoit une éducation sportive de haut niveau en Angleterre.
Encore étudiant à la mobilisation, il entre au service actif le 17 août. Intégré dans l’aviation, il reçoit son brevet militaire à Avord, le 21 novembre sur Voisin.
Arrivé au front à l’escadrille C 28 le 17 février 1915, il est rapidement promu caporal puis sergent. Il est nommé sous-lieutenant le 25 mars 1916 puis lieutenant le 1er avril 1918, et, dix jours après, il reçoit le commandement de l’escadrille S 57.
Blessé lors de combats aériens à plusieurs reprises, il est mortellement atteint le 6 mai 1918, près de Welles-Pérennes, dans l’Oise.

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Jean Chaput

22.04.1916: Bernard’s New Accommodation | Bernards neue Unterkunft | Le nouvel hébergement de Bernard

Transcription:
 

22:4:16

Dear Dad,

Have I told you of our latest
stunt in Bungalows? Because six
of us have taken a place on the
beach directly opposite Ryde, and
are living here altogether only
going to the aerodromes for duty.
It is an excellent arrangement
and works well. We have a very nice
woman to cook and clean & a soldier …

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12.04.1916: Peters Familie erhält einen Brief von der Ostfront | Peter’s Family Receives a Letter From the Eastern Front | La famille de Peter reçoit une lettre du front de l‘Est

Transkription:
 

Im Felde, 12.04.1916.
Liebe Familie!

Fröhliche Ostern aus der Ferne wünscht
Euch allen Engelbert. Hoffe, daß Ihr noch alle
gesund und munter seid. Hier auch noch alles beim
Alten, immer noch [unleserlich], und auch den russischen Winter
wieder überstanden. Wird wohl der Letzte im Felde
gewesen, denn bis zum Sommer wird’s doch wohl
Änderung geben. Dann gehts aber auch wieder von Tot
und Pest der lieben Heimat zu! Empfanget
denn die herzlichsten Grüße auf frohes
Wiedersehen.

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11.04.1916: Bernard Transfers to Gosport | Bernard wird nach Gosport verlegt | Bernard est transféré à Gosport

Transcription:
 

41 Squadron

Tuesday
11/4/16

Dear Dad,

Very many thanks for your letter &
the photos, – they are damned rotten.
Did they send the mounted ones of myself?
This is a capital place, there is strong
smell of seaweed, and barnacles, in
the air which pleases me muchly &
every time one goes up one sees the
sea. I am going to start bathing
soon. Gould, Scholte, & I spent the
week end {sic} with the Aldridges at Sou’ton
and had a vastly entertaining time …

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01.04.1916: Peter möchte zu seiner Familie | Peter Wants to See His Family | Peter veut voir sa famille

Transkription:
 

1.IV.16.

Liebe Eltern, Geschw. u. Oheim!

Bin soeben wieder von Euch
reichlich mit Post versehen worden
und drücke Euch recht herzlich.
Es kamen nämlich drei Paketchen
wieder zugleich an. Ein Sch., Butter
und Zucker und ein Kästchen,
alles schöne Sachen. Nun kam
heute noch was schöneres. Feldwebel
rief mich auf Schreibstube, das Gesuch
war nähmlich schon da. Wenn’s nun
gut geht, könnte das Wiedersehen
nicht zu lange mehr dauern.
Sonst noch alles beim Alten und
Gott sei Dank noch recht wohl und
munter. Für heute sendet Euch recht
viele herzliche Grüße, Euer Sohn und

Bruder Peter.

Mit den Paketchen mal warten.

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