19.10.1917: Jean et l’entretien du matériel | Jean on Maintaining Equipment | Jean und die Instandhaltung des Materials

 
Transcription:
 

[P. 1]
Faire attention de ne jamais approcher de pétrole des cartouches. Il pénètre dans les douilles, imprègne la bande et provoque des longs feux. Le retard peut atteindre 1/20e de seconde et même davantage 1/10 car les balles viennent frapper les deux pales de l’hélice à travers laquelle tire la mitrailleuse. Même avec le moteur au ralenti

 
[P. 2]
il faut faire attention de refaire les bandes mal triées assez fréquemment afin que les cartouches ne se déplacent pas dans leur gousset. Il faut procéder à cette opération de façon méthodique en déchargeant la bande dans une boite spéciale. Un repère doit être fait sur une des extrémités de la bande et les cartouches neuves doivent être disposées

 
[P. 3]
de manière à être triées les dernières dans le déroulement de la bande de cette façon les cartouches sont toujours fraiches et l’on ne risque pas de trouver sur une bande, des cartouches provenant de lots périmés
-Il est indiqué comme bonne précaution de pétroler les bandes afin

 
[P. 4]
de les empêcher de prendre l’humidité. En aucun cas les bandes doivent être trempées complètement dans le pétrole ; et cette opération ne doit jamais être faite sur une bande garnie.
L’armurier doit prendre les bandes vides et les humecter légèrement de pétrole avec un pinceau
Il faut laisser la bande s’imprégner pendant

 
[P. 5]
au moins 24 heures avant de la charger.
Le pétrolage une fois fait sur une bande ne doit jamais être fait à nouveau il est suffisant pour toute la durée d’existence de la bande.
-Les bandes doivent être soumises à un examen attentif et si un seul gousset est reconnu défectueux et laisse

 
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échapper la cartouche la bande doit être impitoyablement sacrifiée et tailladée afin qu’elle ne puisse pas resservir.
 

Alors que l’année 1917 se termine, le cours de la guerre est plus fluctuant que jamais : sur le front italien les Alliés perdent plus de 300 000 hommes à Caporetto, alors que les Allemands en perdent près de 50 000 face à Pétain lors de la bataille de la Malmaison. Les mutineries liées à la révolution en Russie ont été lourdement réprimées, mais le haut-commandement français n’ose plus organiser de grande offensive de peur de s’exposer à nouveau à des mouvements de contestation au sein de la troupe. L’armée française campe désormais sur ses positions, laissant le soin de l’initiative aux Britanniques dans le secteur nord du front. Les généraux français souhaitent également être assurés de la supériorité absolue dans le domaine des avions, de l’artillerie et des chars de combat pour reprendre les hostilités ; d’où la décision d’attendre que les premiers renforts américains rejoignent la ligne de front.

Ainsi Jean Chaput est-il forcé à l’attente et à la patience, cantonné à des tâches de maintenance et d’entretien. En témoignent ces pages issues de son carnet de notes, où le ton et les propos sont nettement plus machinaux et techniques que dans ses lettres habituelles. En un sens, on y discerne un embryon de manuel d’instruction, peut-être destiné aux membres moins expérimentés de son escadrille.

Ainsi Chaput insiste sur l’emploi du pétrole. Celui-ci sert à éviter le dysfonctionnement du tir, causé par le retardement de la mise à feu. Employer du pétrole sert à prévenir l’humidité. Il insiste également sur le besoin de trier les bandes de munitions. Ces dernières, faites à la chaine pour l’effort de guerre par un personnel souvent non qualifié, comportant beaucoup de déchets, de cartouches défectueuses, ce qui entrainaient le mauvais ajustement dans le gousset sur l’ensemble de la bande. Un pilote consciencieux se devait de trier toute la bande, systématiquement, pour éviter un blocage dans la culasse dû à un enrayage ou un mauvais chargement. Chaput emploie sans doute une bande souple Vicœur, correspondant aux mitrailleuses « nouvelles générations », c’est-à-dire avec interruption. En effet, un décalage du tir entrainait auparavant une distorsion de l’hélice.

Une telle action est sans doute fastidieuse, mais il est nécessaire pour les aviateurs d’apprendre à séparer le bon grain de l’ivraie pour s’éviter des problèmes techniques en plein combat aérien.

As 1917 was ending, the war was more fluctuant than ever: the Allies lost more than 300 000 men at Caporetto whole the Germans lost near 50 000 against Pétain during the Battle of the Malmaison. Mutinies linked to the Russian Revolution were heavily repressed, but the French High Command didn’t dare to organize a great offensive again, fearing to expose itself once more to contestation movements among the troops. The French army was then camping on its positions, leaving the initiative to the British on the northern part of the front. French generals wanted to make sure they had absolute superiority in terms of planes, artillery and tanks to attack again. Therefore they were waiting for the first American reinforcements to join the frontlines.

Thus Jean Chaput is forced to wait and be patient, billeted to maintenance tasks. The pages from his notebook prove clearly show a more mechanical and technical tone than in his usual letters. In a way, it is almost like an instruction manual, maybe intended for less experimented members of his squadron.

Chaput insists on the use of oil. It helps preventing dysfunction when shooting, which is caused by the firing delay. Using oil helps preventing moisture. Chaput also insists on the need to sort the ammunition sets. Those were made on assembly lines for the war effort usually by unqualified personnel, with a lot of waste and defective cartridges. This usually led to bad arrangement in the fob on the whole set. A conscientious pilot was bound to sort the whole set, systematically, in order to avoid a locking in the cylinder head which would be due to either a jamming or a bad loading. Chaput was using a Vicoeur set, from the “new generation” of machines guns, with interrupted gear. Indeed, a firing delay used to cause a propeller distortion.

Such a task was undoubtedly fastidious, but necessary for pilots who needed to learn how to take care of their equipment, in order to avoid technical issues in the middle of an aerial combat.

 
Transcription:
 

[P. 1]
Be careful to never have the oil near the cartridges. It gets in the sockets, soaks the set and induces the system to hang fire. The delay can reach 1/20th of a second and even more 1/10th because the bullets hit both blades of the propeller through which the gun is firing. Even with the engine at idling speed

 
[P. 2]
one must be careful to remake the badly sorted sets frequently so that the cartridges won’t move in their fob. This operation must be done methodically by discharging the set in a special box. A landmark must be made on one of the set extremities and the new cartridges must be arranged …

 
[P. 3]
so that they will be sorted last in the set. That way cartridges are always fresh and there is no risk to find on a set, cartridges coming from outdated lots.
-It is seen as good measure to oil the sets so that

 
[P. 4]
they won’t take moisture. The sets should never be completely soaked in oil; and that operation must never be made on a full set. The gunsmith must take the empty sets and slightly moisten them with oil with a brush
The set must soak for

 
[P. 5]
at least 24 hours before being loaded.
Once the oil operation is done on a set it can never be made again it is enough for the whole existence of the set.
-Sets must go through a strict examination and if one fob is seen as defective and lets

 
[P. 6]
the cartridge slips the set must be unmercifully sacrificed and cut so that it can’t be used again.

Als das Jahr 1917 dem Ende zugeht, schwankt der Kriegsverlauf mehr denn je: an der italienischen Front verlieren die Alliierten mehr als 300.000 Soldaten in Caporetto, während auf Seiten der Deutschen bei der Schlacht von Malmaison gegen Pétain fast 50.000 Soldaten sterben. Gegen die Meutereien im Zusammenhang mit der Revolution in Russland wurde hart vorgegangen, aber das französische Oberkommando traut sich aus Angst davor, sich erneuten Protestbewegungen innerhalb der Truppe auszusetzen, nicht mehr, eine große Offensive zu starten. So lagert die französische Armee nunmehr in ihren Stellungen und überlässt den Briten die Initiative im Nordteil der Front. Die französischen Generale möchten auch sicher sein, dass sie über die absolute Überlegenheit bei Flugzeugen, Artillerie und Kampfpanzern verfügen, bevor sie die Kampfhandlungen wieder aufnehmen. Deshalb entscheiden sie, auf die Ankunft der ersten amerikanischen Verstärkungen an der Frontlinie zu warten.

Somit ist Jean Chaput gezwungen, zu warten und sich in Geduld zu üben. Währenddessen beschränkt er sich auf Aufgaben der Instandhaltung und Wartung. Davon zeugen diese Aufzeichnungen aus seinem Notizbuch. Der Ton und die Wortwahl haben einen deutlich maschinelleren und technischeren Charakter als seine üblichen Briefe. In gewisser Weise kann man darin den Beginn eines Benutzerhandbuchs erkennen, das vielleicht für die weniger erfahrenen Mitglieder seiner Staffel gedacht war.

So besteht Chaput auf den Einsatz von Petroleum. Dieses dient dazu, durch verzögertes Zünden verursachte Störungen beim Schießen zu vermeiden. Durch den Einsatz von Petroleum wird dem Eindringen von Feuchtigkeit vorgebeugt. Er besteht auch auf der Notwendigkeit, die Patronengurte zu ordnen. Von oft unqualifiziertem Personal am Fließband für den Krieg gefertigt, zeigten diese viele Mängel und fehlerhafte Patronen, was dazu führte, dass die Patronen im ganzen Gurt schlecht in den Schlaufen saßen. Ein gewissenhafter Pilot war es sich schuldig, den gesamten Gurt systematisch zu ordnen, um zu verhindern, dass es aufgrund einer Ladehemmung oder durch fehlerhaftes Laden zu einer Blockade im Verschluss kommt. Chaput verwendet sicherlich einen elastischen Vicœur-Gurt, der für die Maschinengewehre der „neuen Generation“, das heißt mit Unterbrechung, eingesetzt wurde. Denn zuvor führten Schussabweichungen zu einer Verformung des Propellers.

Dies ist zweifelsohne aufwändig, aber die Flieger müssen lernen, den Weizen von der Spreu zu trennen, um technischen Problemen mitten im Luftkampf vorzubeugen.

 
Transkription:
 

[S. 1]
Darauf achten, dass das Petroleum niemals in die Nähe der Patronen kommt. Es dringt in die Patronenhülsen ein, tränkt den Gurt und führt zu langen Feuerstößen. Die Verzögerung kann bis zu einer zwanzigstel Sekunde betragen oder sogar mehr, eine Zehntelsekunde, denn die Geschosse treffen die beiden Propellerblätter, zwischen denen das Maschinengewehr durchschießt. Auch mit dem Motor im Leerlauf

 
[S. 2]
muss man darauf achten, dass man die schlecht sortierten Gurte relativ oft ordnet, damit die Patronen nicht in den Schlaufen verrutschen. Dabei muss man methodisch vorgehen, indem man den Patronengurt in eine spezielle Box entleert. Eins der Gurtenden muss markiert werden und die neuen Patronen müssen so einsortiert werden,

 
[S. 3]
dass sie beim Aufrollen des Gurtes die letzten sind. So sind die Patronen immer frisch und es besteht nicht das Risiko, dass man in einem Gurt Patronen aus veralteten Chargen findet.
– Als geeignete Vorsichtsmaßnahme ist es empfehlenswert, die Gurte mit Petroleum zu behandeln, damit

 
[S. 4]
sie nicht feucht werden. Die Gurte dürfen keinesfalls komplett mit Petroleum getränkt werden; und diese Behandlung darf niemals an einem befüllten Patronengurt durchgeführt werden.
Der Waffenwart muss die leeren Gurte nehmen und sie mit einem Pinsel leicht mit Petroleum befeuchten.
Man muss den Gurt mindestens

 
[S. 5]
24 Stunden zum Aufsaugen ruhen lassen, bevor man ihn befüllt.
Wurde ein Gurt einmal mit Petroleum behandelt, darf dies niemals wiederholt werden, es reicht für die gesamte Gebrauchsdauer des Gurtes.
– Die Gurte müssen gründlich überprüft werden und wenn eine einzige Schlaufe als fehlerhaft erkannt wird und

 
[S. 6]
die Patrone herausrutscht, muss der Gurt gnadenlos geopfert und zerschnitten werden, damit er nicht wiederverwendet werden kann.