18.03.1915: L’escadrille de Jean Chaput arrive sur un nouveau terrain d’aviation | Die Fliegerstaffel von Jean Chaput kommt an einem neuen Flugplatz an | Jean Chaput’s Squadron Arrives at Their New Airfield

Transcription:
 

[Enveloppe]

Mademoiselle J. Chaput
21 Avenue d’Eylau
Paris
[Cachet postal, Trésor et postes / * 20 – 3 – 15 / *133*]

 
[P. 1]
18 Mars 1915
Ma chère Jeanne
J’ai vraiment été désolé de ne
pas te rencontrer lors de mon passage
à Paris. Mais tu sais ce que c’est,
chaque jour je devais partir le
lendemain et finalement je suis
resté bien plus longtemps que je
ne pensais. Je suis arrivé ici
à bon port, malgré un
très vilain temps. Nous étions
partis du Bourget par un temps
assez clair mais à peine à la
forêt de Mont-morency les nuages
sont descendus à 600 m et cela a

 
[P. 2]
duré jusqu’à Amiens avec du grésil.
J’ai laissé mon camarade continuer
avec son appareil et j’ai fait
escale. J’ai naturellement été
voir Tante Gabrielle, et j’y
ai couché et mon mécanicien
aussi. Elle a été tout ce qu’il y a
au monde de plus gentille. Pour
la remercier le lendemain matin
je suis passé en dehors de chez elle
et j’ai fait un beau virage.
Sans doute les amiénois ne connaissent-ils
pas beaucoup ce genre de sport car
paraît-il j’ai donné un battement
de cœur à tous les gens du quartier
et ils sont tous persuadés que je

 
[P. 3]
leur ai fait le looping. J’ai
ensuite continué mon voyage, mais
en arrivant mon moteur m’a lâché
et j’ai atterri dans deux rangées
de fils de fer que j’ai d’ailleurs
abattu mais l’hélice y a laissé
une pale. C’est un petit accroc
car de toute façons il fallait la
changer. A peine arrivé il
fallait déménager et nous avons
installé les [illisible] de l’escadrille
trois Km plus loin. Nous gagnons
au change. L’emplacement est
d’un pittoresque achevé. Les tentes
sont groupées en demi cercle
dans une clairière en lisière d’une

 
[P. 4]
très belle forêt. Une échappée sur
la plaine nous ménagerait un champ
d’atterrissage superbe s’il n’était
semé d’un nombre considérable de
trous. Mais il suffit de connaître leur
place et d’ailleurs on travaille à les
boucher. Pour ce qui est du logement
nous sommes dans le village dans la
vallée. Nous nous C’est une ferme
et nous occupons toute la maison
d’habitation dont les patrons sont
partis. Il n’y a que les pilotes
qui couchent ici. Nous avons tous une
chambre au premier, des lits de
premier ordre. Au rez de chaussée
cuisine et salle à manger avec Piano.

 
[P. 5]
La maison nous appartient et nous ne
voyons personne. Un cuisinier de
l’escadrille fait la popote et j’ai
un bonhomme qui fait ma chambre
et mes chaussures. La salle à manger
sert de pièce de réunion et c’est là
que mangent tous les sous-officiers
pilotes et observateurs. Tu vois que
nous ne sommes pas à plaindre et
pour la vie matérielle nous sommes
privilégiés. C’est la grande cure
de repos et de sport à la campagne.
Nous en profitons car en ce moment
le temps est impossible et depuis
mon retour je n’ai encore fait

 
[P. 6]
qu’une reconnaissance, le seul jour de
beau temps que nos ayons eu. Nous
avons d’ailleurs tous été servis. Un
a reçu six balles de fusil dans l’appareil,
un autre un éclat d’obus, moi j’ai
entendu siffler les balles d’un
schrapnel qui a éclaté à 15m
de moi ; enfin un quatrième a eu
la panne et a tout juste pu
repasser les lignes. A part cela tout est
pour le mieux dans le meilleur des
mondes. Tous ces jours-ci le temps
étant extrêmement bas nous
avons fait des petits voyages
d’agrément et d’entraînement
dans les avions : Amiens, Doullens,

 
[P. 7]
Albert, Montdidier, St Pol.
J’ai répété en outre un quadrille
aérien à deux appareils avec
un de mes camarades. Nous en ferons
l’exhibition aux boche s’ils nous
encadrent trop bien avec des schrapnels.
Il [sic] croiront qu’on se casse la figure, cela
nous donnera le temps de souffler.
Pour achever de nous distraire nous
allons faire venir un ballon de
football.
Je suis retourné voir Tante
Gabrielle, en auto cette fois.
J’en ai profité pour rapporter d’Amiens
moult provisions pour la popote.
Reçu une lettre gentille

 
[P. 8]
de Suzette. Je lui répondrai
aussitôt que j’aurai [illisible]
l’usage de ma main qui
commence à avoir la crampe des
écrivains.
Là-dessus je te quitte et
je t’embrasse bien affectueusement.

Jean.
Je suis proposé encore une fois
pour le grade supérieur mais c’est
toujours le même car je suis
encore 2ème classe.

 

Au début de la guerre, les escadrilles de l’Aéronautique militaire française déplacent leurs quartiers avec une relative fréquence, suivant le mouvement des lignes. Avec la stabilisation du front et le développement du rôle de l’aviation, une organisation logistique s’est progressivement déployée dans les terrains d’aviation accueillant au sol avions et aviateurs.

Lors des déménagements, les pilotes volent habituellement avec leur mécanicien, tandis que les officiers et le reste des hommes de l’unité se déplacent par voie routière dans des automobiles, transportant également les provisions de l’escadrille. Les logements, situés derrière les hangars ou dans des bois voisins, varient suivant les grades. Les officiers et sous-officiers, qui peuvent parfois loger chez l’habitant, disposent de tentes ou de baraquements, à l’intérieur desquels ils couchent sur des lits de camp. Selon le matériel disponible, les hommes de troupe peuvent être, en revanche, amenés à occuper des hangars, ou à se construire des cabanes.

L’escadrille C 28 de Jean Chaput se rend le 12 mars au terrain de Marieux-Monplaisir, à peine à trois kilomètres de son dernier lieu de stationnement. Toujours dans le secteur de la Somme, elle y est restée quatre mois sur ces lieux. Jean décrit les grandes tentes tenant lieu de hangars, et le logement chez l’habitant aménagé pour les pilotes de l’escadrille. Ainsi évoque-t-il les conditions de vie des aviateurs avant l’adoption de structures comme le hangar Bessonneau ou la baraque Adrian, qui s’imposent au cours de l’année 1915, donnant dès lors aux terrains d’aviation leur aspect caractéristique.

Comme cette lettre l’illustre, l’éloignement relatif des lignes et la sédentarité assurent aux aviateurs un certain confort. Généralement, les escadrilles aménagent des bars dans lesquels les aviateurs se réunissent quotidiennement. Le football, le cinéma, le théâtre ou la musique, ainsi que les permissions qui peuvent être obtenues lorsque le mauvais temps interdit les vols, témoignent de l’existence d’autres loisirs. Ces spécificités de la vie d’escadrille ont pu susciter des critiques, aussi bien au sein de l’armée qu’à l’arrière.

Zu Beginn des Krieges verlegen die Fliegerstaffeln der französischen Luftwaffe ihre Quartiere recht häufig, um den vorrückenden Stellungen zu folgen. Durch die Stabilisierung der Front und die zunehmende Bedeutung der Luftwaffe hat sich an den Flugplätzen nach und nach eine logistische Organisation entwickelt, die sowohl Flugzeuge als auch Flieger aufnehmen kann.

Bei Verlegungen fliegen die Piloten normalerweise zusammen mit ihren Mechanikern, während die Offiziere und die übrigen Männer der Einheit mit Automobilen fahren und dabei die Vorräte der Fliegerstaffel transportierten. Die Unterkünfte befinden sich entweder hinter den Hangars oder in den umliegenden Wäldern und sind je nach Grad unterschiedlich. Die Offiziere und Unteroffiziere sind manchmal privat untergebracht oder verfügen über Zelte bzw. Baracken, in denen sie auf Feldbetten schlafen. Je nach verfügbarem Material können die Männer der Truppe entweder in den Hangars untergebracht sein oder müssen sich Hütten bauen.

Am 12. März begibt sich die Fliegerstaffel C 28 von Jean Chaput zum Flugplatz Marieux-Monplaisir, der nur knapp drei Kilometer von ihrem letzten Standort entfernt liegt. Insgesamt verbringt die Staffel vier Monate im Gebiet der Somme. Jean beschreibt die großen Zelte, die ihnen als Hangars dienen, sowie die für die Piloten der Fliegerstaffel eingerichteten Privatunterkünfte. Damit schildert er die Lebensbedingungen der Flieger vor dem Bau von Strukturen wie dem Hangar Bessoneau oder der Baracke Adrian, die im Laufe des Jahres 1915 notwendig werden und seit dieser Zeit den Flugplätzen ihr typisches Aussehen verleihen.

Der Brief veranschaulicht, dass die relativ weite Entfernung zu den Frontstellungen und die vorübergehende Sesshaftigkeit den Fliegern einen gewissen Komfort ermöglichen. Meist richten die Fliegerstaffeln eine Bar ein, in der sich die Flieger jeden Tag treffen können. Fußball, Kino, Theater oder Musik sowie Ausgangserlaubnisse, die erteilt werden, wenn das Wetter zu schlecht zum Fliegen ist, zeugen davon, dass es noch mehr Freizeitaktivitäten gab. Diese Vorzüge des Fliegerlebens konnten sowohl innerhalb der Armee als auch im Hintergrund zu Kritik führen.

 
Transkription:
 

[Umschlag]
Fräulein J. Chaput
21 Avenue d’Eylau
Paris
[Poststempel, Porto und Ämter / * 20 – 3 – 15 / *133*]

 
[S. 1]

  1. März 1915

Meine liebe Jeanne
Es hat mir wirklich sehr Leid getan,
dass ich Dich bei meinem Aufenthalt
in Paris nicht getroffen habe. Aber Du weißt ja,
wie das ist. Jeden Tag musste ich am
nächsten Morgen wieder weg,
und letztendlich bin ich
viel länger geblieben, als ich
dachte. Ich bin sicher hier angekommen,
trotz des sehr schlechten Wetters.
Wir hatten Bourget bei recht sonnigem Wetter
verlassen, doch kaum waren wir am Wald
von Mont-morency, hingen die Wolken
bis auf 600 m herab, und das

 
[S. 2]
ging so weiter bis Amiens, es hat sogar gegraupelt.
Ich habe meinen Kameraden mit
seiner Maschine weiterfliegen lassen
und bin abgestiegen. Natürlich bin ich
Tante Gabrielle besuchen gegangen,
ich habe auch dort übernachtet,
genauso wie mein Mechaniker.
Sie hat uns mit der allergrößten
Freundlichkeit empfangen.
Als Dank bin ich am nächsten Morgen
über ihrem Haus eine schöne Schleife geflogen.
Die Menschen in Amiens kennen
diese Art Sport zweifellos nicht sehr gut,
denn anscheinend waren danach
alle Leute im Viertel ganz aufgeregt
und außerdem davon überzeugt, dass ich

 
[S. 3]
einen Looping für sie geflogen war. Danach
habe ich meine Reise fortgesetzt, doch
bei der Ankunft hat mein Motor versagt.
Ich bin in eine doppelte Reihe
Eisendraht hineingeflogen und habe ihn
übrigens umgefahren, der Propeller hat dabei ein
Blatt verloren. Das war nur ein kleiner Zwischenfall,
das Blatt musste sowieso ausgetauscht werden.
Direkt nach meiner Ankunft wurden
wir verlegt, wir haben die [unleserlich]
der Fliegerstaffel drei km weiter wieder aufgebaut.
Der Ortswechsel ist ein Gewinn für uns.
Der Standort ist herrlich malerisch.
Die Zelte sind im Halbkreis
an einer Lichtung eines

 
[S. 4]
wunderschönen Waldes aufgebaut.
Bei einem Abstecher auf die Ebene hätten wir
ein fantastisches Landefeld, wenn es nicht
so voller Löcher wäre. Aber wir brauchen ja
nur zu wissen, wo sie liegen, und übrigens
arbeiten wir daran, sie zuzustopfen.
Was unsere Unterbringung angeht,
so sind wir im Dorf unten im Tal.
Es ist ein Bauernhof, und wir haben
den gesamten bewohnbaren Teil
des Hauses belegt, den die Besitzer
verlassen haben. Hier schlafen nur
die Piloten. Wir haben alle ein
Schlafzimmer im ersten Stock mit
sehr guten Betten. Im Erdgeschoß
sind die Küche und das Esszimmer mit Klavier.

 
[S. 5]
Das Haus gehört uns allein und wir
sehen sonst niemanden. Ein Koch aus unserer
Staffel kümmert sich um unser leibliches Wohl,
und ich habe einen Diener, der sich um mein
Schlafzimmer und meine Schuhe kümmert.
Das Esszimmer dient uns als Sitzungsraum,
hier essen auch alle Unteroffiziere,
Piloten und Beobachter. Wie Du siehst,
können wir nicht klagen, und
was das Materielle angeht, sind wir
privilegiert. Es ist wie ein entspannender
Erholungs- und Sporturlaub auf dem Land.
Wir genießen es, denn gerade ist
das Wetter unmöglich, und seit
meiner Rückkehr bin ich erst

 
[S. 6]
einen Erkundungsflug geflogen,
und zwar an dem einzigen Tag,
an dem das Wetter schön war.
Wir sind übrigens ganz schön bedient.
Der eine hat sechs Gewehrkugeln an seiner
Maschine abbekommen, der andere einen
Granatsplitter, ich selbst habe
die Kugeln eines Schrapnells gehört,
das 15 m entfernt von mir explodiert ist;
der vierte hat eine Panne gehabt und
konnte gerade noch über die Front zurückfliegen.
Aber abgesehen ist alles bestens
in dieser schönen neuen Welt.
An all diesen Tagen war das Wetter
extrem schlecht. Wir haben kleine
Vergnügungsausflüge und Trainingsflüge
mit unseren Flugzeugen unternommen:
Amiens, Doullens,

 
[S. 7]
Albert, Montdidier, St Pol.
Ich habe außerdem mit einem meiner
Kameraden den Staffelflug zu zweit geübt.
Das zeigen wir dann den Boches,
falls sie uns mit ihren Schrapnells noch zu nahe kommen.
Sie [sic] werden glauben, dass wir abstürzen,
dann haben wir eine kleine Verschnaufpause.
Und damit wir noch mehr Unterhaltung bekommen,
haben wir einen Fußball bestellt.
Ich habe Tante Gabrielle noch einmal besucht, diesmal mit dem Auto.
Bei dieser Gelegenheit habe ich
viele Vorräte für unser Essen aus Amiens mitgenommen.
Habe einen lieben Brief

 
[S. 8]
von Suzette erhalten. Ich werde ihr antworten,
sobald ich [unleserlich] meine Hand wieder
gebrauchen kann, die langsam krampft vom
vielen Schreiben.
Bis zum nächsten Mal also,
ich umarme Dich zärtlich.

Jean.

Man hat mich noch einmal für einen höheren
Dienstgrad vorgeschlagen, aber es ist
immer noch der gleiche, denn ich
gehöre noch zur 2. Klasse.

At the beginning of the war, the French Air Force squadrons moved their quarters relatively frequently, according to the movement of the front lines. As the front stabilized and the role of aircraft developed, a certain logistics organization was progressively rolled out to the various airfields and their planes and pilots.

During these moves, the pilots normally flew with their mechanics while the officers and the other men in the unit would travel by car with the squadron’s supplies. Accommodation, located behind the hangars or in neighbouring woods, varied according to rank. The officers and non-commissioned officers could occasionally stay with local inhabitants, or would sleep in camp beds inside tents or hutments. According to the available material, the other troops often had to sleep in their hangars or build their own huts.

On the 12th of March, Jean Chaput’s C28 squadron moved to a new site at Marieux-Monplaisir, barely three kilometres from their former site. Jean describes the big tents used as hangars and the accommodation in civilian buildings which were commandeered for the squadron pilots. This was how the aviators lived before the introduction of structures such as the Bessonneau hangar and the Adrian hut, which arrived in the middle of 1915 and gave the airfields their characteristic appearance.

As this letter illustrates, the relative distance from the front lines and the sedentary nature of their posting ensured aviators a certain level of comfort. Generally, the squadrons set up bars in which the aviators would get together on a daily basis. Football, cinema, theatre and music, as well as the leave which could be granted when bad weather prevented flying, are evidence of a varied range of leisure activities for the pilots. These aspects of squadron life drew a certain amount of criticism, both within the army and on the home front.

 
Transcription:
 

[Envelope]
Mademoiselle J. Chaput
21 Avenue d’Eylau
Paris
[Postmark, Treasury and Post Office / * 20 – 3 – 15 / *133*]

 
[P. 1]
18th of March 1915
My dear Jeanne
I am so sorry I didn’t get to see you
when I passed through Paris. But
you know how it is, every
day I was going to leave the
next, and in the end I stayed
a lot longer than I thought I
would. I got here safe and
sound, despite some horrendous
weather. When we left Bourget,
the weather was fair but hardly
had we reached Montmorency
forest when the clouds dropped
to 600m, showering us

 
[P. 2]
with fine hail until we reached
Amiens. I let my comrade
continue onwards with
his machine while I made
a stopover. Naturally, I went
to see Aunt Gabrielle,
and both my mechanic and
I spent the night there.
She really is the kindest
soul, and to thank her the
next day, I made a lovely little
pass by her house. The folk at Amiens
obviously don’t have much experience
with this kind of sport; it looks like I set
the locals’ hearts racing. They
even thought I did loop-the-loop!

 
[P. 3]
I then continued my journey,
but my engine died on arrival
and I landed on two rows of wire
fences. I managed to knock them
both down, but the propeller
lost a blade. Only a little hitch,
as I was going to replace it
anyway. Almost as soon as
I’d arrived, we needed to move
again, and we set up the squadron’s
[illegible] three kilometres further on.
This was for the better; the
new location is pretty as a picture.
The tents were pitched in a half-circle
in a clearing on the edge of beautiful

 
[P. 4]
forest. A path down to
the prairie would make for a superb
landing strip if it wasn’t pitted with so
many holes. But we’ll just need to find
them and get to work plugging them
all. As for our accommodation, we’re
staying in the village down in the valley.
We Our new home’s a farm, and we’re
staying in the now-vacated living
quarters. It’s only us pilots sleeping
here. Each of us has a bedroom on
the first floor with first-class beds.
On the ground floor, we’ve got ourselves
a kitchen and dining room with a Piano.

 
[P. 5]
The house is all ours, with no-one else
in sight. The squadron cook fixes up our
food and I’ve got a chap who cleans
my room and my shoes. The dining
room is our meeting room, and all the
pilot and observer non-coms eat down
there. As you can see, we’ve got nothing
to gripe about, and in terms of creature
comforts we’re part of the privileged few.
It’s nothing but a great big country retreat
for sport and relaxation. We’re taking full
advantage of it now, while the weather is
impossible- since my return, I’ve only
done one reconnaissance mission on

 
[P. 6]
our single day of fine weather. We did
however get rather a frosty reception.
One man got six rifle rounds in the fuselage,
another took a shell burst and I heard
shrapnel whiz past from a shell that
exploded not 15m away. A fourth
pilot’s engine failed and only just made
it back over our lines. But apart from
that, everything is hunky dory. Every
day, the clouds are hanging low and
heavy so we just do a few little sorties
for fun and aircraft training: down to
Amiens, Doullens, Albert, Montdidier,

 
[P. 7]
St Pol. Also, I went out to practice a
little crisscross with one of my
comrades. We’ll give the krauts a
bit of a show if they get too close
with their shrapnel. Hey’ll (sic) think
we’re about to bring the hammer
down, so that’ll give us a bit of
breathing space. But we need to
amuse ourselves somehow, so
we’ve ordered in a football.
I came back over to see
Aunt Gabrielle, by car this time.
I took advantage of my time in
Amiens to bring back some
decent food for the mess.
I received a nice letter

 
[P. 8]
from Suzette. I’ll get back to her
as soon as I can [illegible] use my
hand again, as I’m starting to get
writer’s cramp.
I’ll leave you here and
send all my love and kisses.

Jean.

Once again, I’ve been offered a
shot at a higher rank. Nothing’s
changed yet though, and
I’m still ranked 2nd class.

Jean Chaput

Jean Chaput

Jean Chaput naît à Paris le 17 septembre 1893 ; son père, Henri, est un éminent chirurgien de l’hôpital Lariboisière. De 1905 à 1907, il reçoit une éducation sportive de haut niveau en Angleterre.
Encore étudiant à la mobilisation, il entre au service actif le 17 août. Intégré dans l’aviation, il reçoit son brevet militaire à Avord, le 21 novembre sur Voisin.
Arrivé au front à l’escadrille C 28 le 17 février 1915, il est rapidement promu caporal puis sergent. Il est nommé sous-lieutenant le 25 mars 1916 puis lieutenant le 1er avril 1918, et, dix jours après, il reçoit le commandement de l’escadrille S 57.
Blessé lors de combats aériens à plusieurs reprises, il est mortellement atteint le 6 mai 1918, près de Welles-Pérennes, dans l’Oise.

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Jean Chaput